« Le soulèvement de la vie », lettres à Maurice Clavel, décembre 1971

Textes choisis et présentés par Philippe Artières

Avec une introduction de Christian Delporte

Collection Médias et Humanités

 

 

L’affaire Clavel survient lors de l’émission mensuelle télévisée À armes égales du 13 décembre 1971. Ce soir-là, sur le thème « Les Mœurs » un débat réunit l’écrivain et journaliste catholique maoïste Maurice Clavel et le député-maire de Tours, Jean Royer, connu pour son hostilité à l’évolution alors du discours sur la sexualité. Clavel présente un film intitulé Le soulèvement de la vie. Il fait alterner des images du Général de Gaulle à la Libération, de militants et d’intellectuels et des images de pollution ou d’ouvriers, mineurs, balayeurs... mais aussi celles de femmes dénudées, d’une fontaine dont une main empêche l’eau de jaillir. Manque néanmoins un extrait d’une déclaration ambiguë du Président de la République sur la Résistance – coupée sans l’accord de Clavel.

Suivie par près de 46% des téléspectateurs, l’émission est marquée par le départ de Clavel. Furieux d’avoir été censuré, l’écrivain quitte le plateau en prononçant sa célèbre apostrophe : « Messieurs les censeurs, bonsoir! »

À l’Agence de Presse Libération qu’il dirige, Clavel reçoit dès le lendemain et jusqu’en janvier 1972 de nombreux courriers. Ces milliers de missives constituent un formidable témoignage sur les années 1968. C’est ce corpus dactylographié ou manuscrit, individuel ou collectif, de femmes ou d’hommes, de lycéens ou de téléspectateurs plus âgés qui est ici publié pour la première fois.

 

Philippe Artières est directeur de recherches au CNRS, IIAC-Lahic, Paris. Historien invité du centre Pompidou pour l’année 2017 (40e anniversaire), il est l’auteur de très nombreux ouvrages.

 

 

 

"Messieurs les censeurs bonsoir"